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CAMBODGE – J’ai testé pour vous : les photos traditionnelles de mariage

12 septembre 2011

Les jeunes couples en goguette et les familles khmères aiment se faire tirer le portrait en tenue traditionnelle dans des studios de photo dédiés à cet art. Avec mes cops, nous avons tenté Heng Heng Photo Studio sur Monireth boulevard. Une soirée haute en couleur.

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Dès l’entrée, nous sommes accueillies comme des princesses par le monsieur en tee-shirt blanc. Il nous emmène en salle de maquillage où deux jeunes préparatrices nous attendent fatiguées. Viennent les négociations, les choses se corsent. Nous voulons deux photos de groupe et un portrait en trois exemplaires pour 8$, tarif connu de par nos amis. Tee-shirt blanc ne comprend pas, mes cops négocient, les employées s’y mettent, l’anglais de tout le monde est mauvais, ça gesticule, ça parle fort avec des voix stridentes. Après plusieurs schémas et dessins improvisées par mes imaginatives copines, l’affaire semble réglée. Moi j’ai la migraine.

La transformation en parfaite Khmère kitsh commence. Première étape : maquillage. Exactement le même pour nous trois qui sommes pourtant assez différentes. Fond de teint bien pâle, (la mode est au blanc ici), blush doré et faux cils. Je n’en ai jamais mis de ma vie car je n’ai presque pas de paupières. Mais ici on connaît, on vous les collent bien en-dessus de la racine. Une lame de rasoir aussi propre que le Champ de Mars après la Fête de la musique est utilisée pour tailler les crayons. On nous fonce alors le sourcil, marque les arrêtes du nez et les pommettes et un bon trait d’eye liner complète la panoplie oeuil de biche. On a déjà l’air de cocottes.

Deuxième étape : les cheveux. La princesse brune, se fait faire une grosse boule au-dessus de la tête. La blonde, que l’on surnommera affectueusement Javotte en référence à la soeur de Cendrillon podo-difforme, un chignon banane à la cambodgienne. La coiffeuse secoue un spray et répand une traînée dorée dans mes cheveux, ça y est je suis blonde. Puis, on nous sort de grosses perruques élimées. Javotte hérite d’une masse informe et chatain bouclée, Princesse, une touffe sombre emmêlée et moi, une corolle de boucles auxquelles on adjoint de belles anglaises. Et une tiare de Miss France pour chacune. Je me fais gronder car je me suis remis une dose de blond qui a coulé sur mon diadème en diamant. Bah, ça fait du bronze.

Troisième étape : choix des robes en catalogue. Hum, les couleurs sont sympas. Javotte qui n’a pas froid aux yeux opte pour un vert canari, la princesse reste dans ses tons avec un rose fushia et moi je m’offre le luxe d’un beau bleu nuit. On nous fait enfiler un corset amincissant. L’espace sein est tout pointu, si l’on en a pas, on flotte dedans. Par-dessus, on enfile le bustier d’apparat tout pailletté, perlé ou gansé de fils d’ors. Les jupes sont des carrés de tissus enroulés autour des hanches par un pliage savant. On adjoint à mes amies des épaulettes en dentelle.

Puis les bijoux. Des boucles d’oreille, des colliers, des bracelets, des bracelets de bras, des bracelets de pied. Je me retrouve argentée de la tête et dorée des bras, intéressant. Pour finir, l’accessoire clé : les chaussures. Pas besoin de taille, on enfile toutes les même  simili babouches à talon. L’une d’entre nous obtient une paire de talons à la couleur douteuse au vu de la celle de sa tenue. Cherchez l’erreur.

Étape suivante et pas des moindres : le shooting. Nous arrivons en trottinant comme des robots princesses compressées. Nous passons chacune notre tour. La pose est de rigueur : mains repliées hyper naturellement, doigts gracieux, sourire de trois quarts, bouche ouverte et air ingénu. On passe aux photos de groupe. Le photographe nous place en ligne. Je me retrouve au centre. « Ah non! s’écrient mes copines, on ne va pas jouer les Dalton de la plus grande à la plus petite!« . »Mais si, c’est très beau reprend l’expert« . On ne cédera pas. La plus petite au milieu. On glousse. On se lâche. On sort du rang. Fini les mariées, on joue les pin up, puis les gangsta. Dubitatifs, nos amis khmers sourient.

Après avoir abusé des photos de groupes perso bien drôles et bien moches, nous nous déshabillons. Princesse et moi voulons garder nos faux-cils pour la soirée. On les négocient pour « pi poan », 30 centimes d’euros, ça va. On garde aussi nos cheveux et notre maquillage. Pensez-y avant la sortie hebdomadaire au Poutoon, rien ne vaut l’oeil charbonneux et la peau pâle pour se faire repérer dans la fumée hi hi!

Dernière étape : photoshopage. quelques jours plus tard, on retrouve ses photos tirées sur papier. Ô surprise. Dents rapprochées, mèches rebelles gommées, boutons envolés au profit d’un teint laiteux à faire pâlir Scarlett O’Hara. Nous n’avons pas choisi le fond de l’image mais nous sommes heureuses de nous retrouver en parfaites femme au foyer élégante et béate, dans un intérieur design ou devant le sublime temple d’Angkor Wat. L’expérience est marrante. À votre tour!

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